Patrocle et Hector : deux académies romaines de Jacques-Louis David réunies

image-alt

Patrocle et Hector : deux académies romaines de Jacques-Louis David réunies

Un dépôt excceptionnel du musée Thomas Henry de Cherbourg

En échange du prêt de L’Ange déchu au musée Thomas Henry de Cherbourg, le musée Fabre expose durant l’été une œuvre de jeunesse du peintre Jacques Louis David (1748-1825), avant qu’il ne devienne la figure centrale de la peinture de la période révolutionnaire et du Premier Empire.

Né à Paris, David est formé par Joseph-Marie Vien (1716-1809). En 1774, après plusieurs échecs, il obtient le Grand Prix de l’Académie et devient pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Il séjourne dans la Ville éternelle entre 1775 et 1780 pour perfectionner sa formation au contact des œuvres antiques et des peintures des grands maîtres.

Comme tous ses jeunes camarades, David est chargé d’envoyer chaque année une peinture à Paris pour présenter ses progrès. Ses académies, études du nu masculin, doivent démontrer sa parfaite maîtrise des connaissances anatomiques.

Peint en 1778, l’Hector révèle avec sa palette chaude et son clair-obscur prononcé l’importance de l’influence caravagesque (Musée Fabre, Montpellier). Exécuté deux ans plus tard, l’Académie d’homme, dite Patrocle, inspiré de la sculpture antique du Galate mourant (Rome, musée du Capitole), présente un dessin plus ferme, des jeux d’ombres et de lumières sophistiqués : le style de David s’affirme et gagne en maturité.

Durant tout l’été, ces deux académies sont réunies à Montpellier dans un accrochage inédit, qui rappelle l’influence profonde qu’il exerça sur l’un de ses élèves, un certain François-Xavier Fabre.

« Je compris que je ne pouvais pas améliorer ma manière dont le principe était faux et qu’il fallait divorcer avec tout ce que j’avais cru être le beau et le vrai. Je compris que copier la nature sans choix, c’est faire un métier vulgaire avec plus ou moins d’habileté ; mais que procéder comme les Anciens ou comme Raphaël, c’est être vraiment artiste ».
Jacques Louis David

Crédit photo : Jacques Louis David, Académie d’homme dite Patrocle, vers 1778-1780, don de Thomas Henry, musée Thomas Henry, Cherbourg-en-Cotentin / photographie D. Sohier