Objets d’art, objets précaires
Mardi 27 avril 2027
18h30
Par Patricia Touboul, MCF en esthétique et philosophie de l’art, Université Paul Valéry Montpellier
La fabrication des œuvres d’art, en dehors du rôle qu’y joue l’artiste, implique une chaîne d’acteurs où chacun forme un maillon indispensable, y compris pour les œuvres dont on pense généralement qu’elles sont les produits de sujets solitaires. Questionnant le statut ontologique de l’œuvre d’art, plusieurs courants philosophiques et sociologiques ont montré que celle-ci n’existait pas encore dans l’objet achevé mais que, pour devenir telle, un nouveau parcours procédural, d’« adoubement » (Danto) s’imposait, faisant intervenir collectionneurs, critiques d’art, galeristes, éditeurs, et dans lequel la part du hasard n’était pas absente. À ce parcours il faut ajouter celui qui précède le projet artistique, où la volonté de l’artiste s’inscrit, ici aussi, à l’intérieur d’un jeu d’intentions, d’influences et d’occasions. Ces parcours seront illustrés par différents cas — dont celui, exemplaire à plus d’un titre, de la colonnade du Louvre commandée par Louis XIV — qui montreront combien la naissance des œuvres, leur persistance et l’attrait qu’elles exercent reposent le plus souvent sur une conjonction de facteurs pour le moins contingents.
Cette conférence est proposée dans le cadre des Rencontres des Amis du musée Fabre « La fabrique de l’art : ateliers, attributions, commanditaires et collectionneurs ».
Auditorium du musée Fabre, entrée libre dans la limite des places disponibles.
Crédit photo d'illustration : Colonnade du Louvre, Wikimedia Commons, Szilas, licence Creative Commons BY-SA 4.0