(La Bassée, 1761 - Paris, 1845)
La Tendresse conjugale
Huile sur bois
H. 52,50 cm; l. 43,50 cm
inv. 2021.5.1
Salle 25© Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole - photographie Frédéric Jaulmes
Huile sur bois
H. 52,50 cm; l. 43,50 cm
inv. 2021.5.1
Salle 25Dans un intérieur bourgeois, décoré avec simplicité mais meublé confortablement, un couple attend un heureux événement. La jeune femme a laissé son ouvrage de couture pour faire sentir à son mari, qui interrompt sa lecture, les tressaillements de l’enfant dans son ventre. L’image idyllique de ce ménage heureux est renforcée par la présence du chien, gardien attentif veillant sur le bonheur des époux. L’auteur du tableau, Boilly, représentant majeur de la scène de genre au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, est... le grand témoin, dans ses innombrables tableaux et estampes, de la vie parisienne de la fin de l’Ancien Régime jusqu’à la monarchie de Juillet. D’abord enclin à représenter des scènes légères, l’artiste devient le peintre de la vie domestique et familiale à partir de la Révolution. Selon les idéaux patriotiques, la famille est désormais conçue comme la première cellule de la vie civique. L’enfant n’est plus seulement perçu en tant qu’héritier d’un patrimoine mais comme le fruit de l’amour conjugal. Bien que le fauteuil de l’épouse soit de style Louis XVI, le costume des personnages, simple et décontracté, permet de situer l’exécution sous l’Empire, vers 1807-1810. La mise en scène de la vie domestique se nourrit d’une excellente connaissance de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, qui fait alors fureur sur le marché de l’art parisien. Le rendu précis des détails, la capacité à faire parler les figures mais aussi les objets, le pinceau qui sait moduler par de fins glacis les effets de matière sont autant de traits qui rappellent les maîtres du Siècle d’or. Le coloris du tableau, brun et chaud, le grand pan de mur laissé vide à droite comme pour mieux faire ressortir le couple éclairé par une lumière savante évoquent notamment l’art de Gerard ter Borch ou de Gabriel Metsu. Pourtant, le regard malicieux de la femme qui répond à celui de l’homme semblant s’attarder sur un sein dévoilé révèle bien les qualités qui n’appartiennent qu’à Boilly : un mélange de sentimentalisme, d’érotisme et d’humour.
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