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Jean Claparède (1900-1990)
Jean Claparède (Montpellier, 1900-1990) fut conservateur du musée Fabre de 1945 à 1965. Homme d’une grande érudition, il réalise au cours de ces vingt années un vaste travail de recherche sur les collections et constitue un fonds documentaire considérable, véritable socle de la connaissance des œuvres du musée Fabre.
Avant d’être nommé conservateur, Jean Claparède fut professeur agrégé d’histoire. Il dispense à Montpellier son enseignement aux classes préparatoires aux Grandes Écoles, tout en assurant des cours à l’École des Beaux-Arts. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, il interrompt sa carrière d’enseignant pour se consacrer à la sauvegarde des collections du musée Fabre. Entre 1943 et 1944, il travaille au déménagement des œuvres, mises à l’abri au château de Roquedols, dans les Cévennes, et au château de Saint-Gall, dans le Cantal.
En décembre 1944, Jean Claparède publie le Catalogue de la première exposition de la Libération, organisée au musée Fabre, encore privé de ses collections. En 1945, il dirige leur rapatriement et leur nouvelle présentation, il est alors nommé conservateur du musée Fabre.
Dès lors, Jean Claparède consacre son activité au musée et à l’étude minutieuse des collections. Il est le premier à porter sur elles un regard d’historien. D’une grande rigueur scientifique, il établit des fiches d’œuvres, enrichies sans cesse au cours des ans, et entreprend un important travail d’attribution, notamment des dessins, en confrontant ses connaissances à l’avis des meilleurs spécialistes, tel Anthony Blunt qu’il reçoit au musée Fabre en 1951.
On doit également à Jean Claparède le recensement exhaustif des fonds avec l’attribution d’un numéro d’inventaire pour chaque objet. Ce travail devait le conduire à la rédaction du catalogue général du musée, achevé en 1965. Demeuré inédit, il est composé de manuscrits dactylographiés (tapuscrits) et reliés.
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, Jean Claparède est un acteur incontournable de la vie intellectuelle montpelliéraine. Il s’est attaché à faire connaître le musée de Montpellier et l’importance des collections par la publication de nombreux articles et catalogues (Dessins de la collection Alfred Bruyas et autres dessins des XIXe et XXe siècles , 1962) et par l’organisation d’expositions (La Faïence de Montpellier: XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles , 1962).

Crédit photo d'illustration : portrait de Jean Claparède, reproduit avec l'aimable autorisation de Jean Hilaire / reproduction interdite sans autorisation
Pierre Azéma (1891-1967)
Pierre Azéma (Montpellier, 1891 – Montpellier, 1967) fut un membre actif du mouvement occitan. Fondateur de la troupe de théatre La lauseta en 1912, il en devient le président en 1940. En 1929, il est nommé Majoral du Félibrige - le Félibrige est une association littéraire fondée en 1854 promouvant la langue d’oc. Élu au conseil municipal de Montpellier, il devient adjoint au maire chargé des questions culturelles en 1935.
Très concerné par la conservation du patrimoine régionale, Pierre Azéma devient le président de l’Escola dau Parage de 1935 à 1939 (école fondée en 1875, ayant pour but de maintenir le « dialecte montpelliérain » et conserver vivante la langue d’oc) ainsi que de l’institut d’études occitanes (1957-1959).
On lui doit les pièces Jout un balcoun ("Sous un balcon", 1911), Lou Ciclopa ("le Cyclope", 1926) ainsi que le recueil d'articles À boulet rouge (1930) et de nombreuses études littéraires. Ses causeries occitanes ont été réunies et publiées en 1998 réunis par François Pic dans l’ouvrage Azema Pèire, Charradissas Occitanas sus Radio-Montpellier 1927-1956.
En tant qu’adjoint aux affaires culturelles de la ville de Montpellier, il fut très impliqué dans les activités du musée Fabre auquel il lègue ses archives personnelles (documents de 1902 à 1956 concernant les expositions, les acquisitions, l’École des Beaux–Arts, correspondances avec les artistes…).
Jean Nougaret (1939-2013)
Ce fonds regroupe la documentation personnelle de Jean Nougaret, conservateur en chef du patrimoine au service régional de l’Inventaire de Languedoc-Roussillon, spécialiste de l’architecture urbaine de Pézenas et de Montpellier, de l’art roman et du peintre montpelliérain Alexandre Cabanel.
En 2021, la documentation de Jean Nougaret, relative à la vie et l’œuvre d’Alexandre Cabanel, a été donnée au musée Fabre par son épouse. Le fonds d’archives Jean Nougaret, composé de quinze dossiers, comprend le catalogue de l’œuvre de Cabanel de 1836 à 1889, des notices biographiques, des reproductions d’œuvres (photographies et diapositives), des références bibliographiques, des articles de presse, les notes manuscrites et la correspondance de Jean Nougaret, rassemblés et rigoureusement classés au cours d’années de recherche.
Fils de propriétaire viticulteur, Jean Nougaret est né en 1939 à Béziers. Dès son plus jeune âge il s’intéresse à l’architecture romane. Sa passion l’amène à sillonner son département natal à la découverte des monuments et des ouvrages d’art médiévaux.
En 1958, Jean Nougaret commence des études d’histoire de l’art à la faculté des lettres de Montpellier et soutient en 1962, sous la direction de Hubert Galet de Santerre, un diplôme d’études supérieures consacré au peintre montpelliérain Alexandre Cabanel : Alexandre Cabanel, sa vie, son œuvre, essai de catalogue. Ce mémoire universitaire est un jalon essentiel de la réhabilitation de l’artiste, qui conduit à l’organisation d’une première exposition monographique, Alexandre Cabanel (1823-1889), au musée Fabre, en 1975. Tout au long de sa vie, Jean Nougaret rassemble une riche documentation qui lui permet de constituer un catalogue raisonné de l’œuvre du peintre. À l’occasion de la rétrospective consacrée à l’artiste en 2010 au musée Fabre Alexandre Cabanel. La tradition du beau, il publie un premier catalogue sommaire de l’œuvre peint de Cabanel. Son travail d’érudition est une source incontournable pour le classement de l’œuvre foisonnant de l’artiste et la connaissance des tableaux et dessins qui lui sont attribués.
Un autre ouvrage de référence est sa thèse de doctorat de IIIe cycle, Pézenas. Évolution urbaine et architecturale du XVIe au XVIIIe siècle, que Jean Nougaret soutient en 1969. Ce travail pionnier est publié en 1979. Son professeur d’histoire de l’art à la faculté, Jean Claparède, également conservateur du musée Fabre, désigné pour mettre en place l’Inventaire Malraux de 1965 à 1975, l’invite à participer au recensement et à l’étude des richesses artistiques de la région. Jean Nougaret occupe la charge de conservateur au musée De Vulliod Saint-Germain de Pézenas de 1969 à 1976 et rejoint le service régional de l’Inventaire dont il devient secrétaire régional de 1970 à 1980 puis conservateur, de 1980 à 2004. À partir de 1993, il occupe les fonctions émérites de conservateur des Antiquités et Objets d’art de l’Hérault.
Jean Nougaret est l’auteur de très nombreuses publications et contributions, tant scientifiques que de vulgarisation destinées à un plus large public intéressé par le patrimoine. En 2005 paraît son grand ouvrage Montpellier monumental qui retrace l’histoire et l’évolution de l’architecture publique de la ville, du XIe au milieu du XXe siècle, tel l’aboutissement d’une carrière entièrement dédiée à l’art et au patrimoine.
Seul le sommaire de ce fonds est consultable en ligne. Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter la documentation du musée Fabre.
Philippe Bordes (???- )
Le fonds transmis par Philippe Bordes regroupe les recherches menées à Montpellier de 1981 à 1984 par Philippe Bordes, historien de l’art, au sujet d’Alexandre Cabanel.
Philippe Bordes est un historien de l’art de renommée internationale, spécialiste de l'art de l'époque de la Révolution et de l'Empire, en particulier de l'œuvre du peintre français Jacques-Louis David. Auteur de nombreux ouvrages de référence, il publie en 2005 le catalogue de l’exposition Jacques-Louis David : Empire to Exile organisée par le J. Paul Getty Museum de Los Angeles et le Clark Art Institute de Williamstown. En 2010, il signe un essai intitulé « Représenter la Révolution ».
De famille française, cévenole par sa mère, émigré très jeune aux États-Unis, Philippe Bordes a obtenu son Bachelor of Arts à l’université de Stanford en 1970, son Master of Arts au Courtauld Institute of Art en 1972, année de son retour en France, et son doctorat à l’université Paris IV-Sorbonne en 1983.
En 1981, alors qu’il est Assistant d’histoire de l’art à l’université Paul Valéry de Montpellier, chargé d'enseigner les 19e et 20e siècles, Philippe Bordes entreprend des travaux de recherche sur la collection d'Alfred Bruyas et sur l’œuvre d’Alexandre Cabanel. François Saint-Pierre, arrière-petit-neveu du peintre, lui donne accès à de nombreux documents inédits, dits « Archives Saint-Pierre », contenant quelques 120 lettres. Philippe Bordes réunit ainsi une importante documentation sur Cabanel : transcriptions et photocopies de la correspondance et de livres de comptes. Familier du musée Fabre depuis qu'il a rédigé son mémoire de maîtrise à Londres sur François-Xavier Fabre et par son activité à l'université Paul Valéry, il est commissaire scientifique de l’exposition Courbet à Montpellier qui en 1985 met en lumière les richesses de la collection Bruyas.
Philippe Bordes doit abandonner ses recherches sur Cabanel en 1984 lorsqu’il est nommé premier directeur du musée de la Révolution française à Vizille, près de Grenoble, poste qu'il occupe jusqu'en 1996. Après avoir ensuite enseigné à l’université de Paris-Nanterre, il est élu en 2001 professeur d’histoire de l’art (15e-18e siècles) à l’université Lyon 2. En 2009, dans la perspective de l’exposition Alexandre Cabanel 1823-1889. La tradition du beau (2010), il verse au musée sa documentation réunit au début des années 1980.
Après une année à l'étranger et trois à la direction du département des études et de la recherche à l’Institut national d’histoire de l’art, il reprend son enseignement en 2010, avec un intérêt particulier pour les arts de la Renaissance à Lyon et le genre du portrait. Depuis sa retraite de l’université en 2016, ses recherches se concentrent sur la période révolutionnaire et impériale (Jacques Louis David, la traite négrière et l’esclavage. Son séjour à Nantes, mars-avril 1790, paru en 2023).