Les mystères d'Hérodiade

Maître de l'Hérodiade de Montpellier, Hérodiade portant la tête de saint Jean Baptiste

Enquête au musée Fabre

Les mystères d'Hérodiade

Du 18 décembre 2026 au 18 avril 2027

Il y a quatre siècles, le peintre Simon Vouet recevait l’ordre du roi Louis XIII de revenir s’installer à Paris, après avoir passé quinze ans à Rome. Ce voyage provoque un bouleversement artistique : Vouet ramène de Rome sa culture caravagesque, l’influence de la peinture des bolonais et un réseau d’artistes talentueux. Nommé premier peintre du Roi, il développe l’esthétique du « baroque parisien ». Mettant un terme définitif au maniérisme hérité de la Renaissance, il fait ainsi entrer la peinture française dans l’époque moderne.

Le musée Fabre conserve une œuvre emblématique de ces mutations, qui s’opèrent entre ténébrisme et préciosité, expressivité des bas-fonds et grâce des retables : une mystérieuse Hérodiade tenant la tête de saint Jean Baptiste. Longtemps ignoré des historiens de l’art, ce tableau constitue une énigme irritante : mêlant diverses influences sensibles dans la Rome du début du XVIIe siècle, il fut attribué à de nombreux artistes avant d’être associé à l’entourage de Vouet. Au milieu du XXe siècle, une hypothèse séduisante voit le jour : et si ce tableau était l’œuvre du graveur Claude Mellan, proche de Vouet durant ses trois dernières années à Rome (1624-1627), dont on ne connaît aucune peinture ? Cette théorie fut mise à l’épreuve de plusieurs expositions avant d’être progressivement abandonnée par les spécialistes. Est alors apparu le concept d’un « maître de l’Hérodiade de Montpellier », nom d’usage d’un artiste éponyme du tableau.

Né d’une note de bas de page il y a une quinzaine d’années, ce maître éponyme aurait pu condamner une nouvelle fois Hérodiade à l’invisibilité et à l’anonymat… 

Cet hiver, le musée Fabre souhaite rouvrir ce cold case de l’Hérodiade pour essayer de percer le mystère persistant de son attribution. En réunissant une vingtaine de peintures et de gravures datant des alentours de 1626, l’exposition mobilise des technologies de pointe pour revisiter l’entourage de Simon Vouet et cerner la main du maître de l’Hérodiade. Cette exploration permet de présenter au public le mécanisme d’une « attribution » : comment émergent une hypothèse d’attribution ? Comment la défendre, malgré la rareté des sources et des œuvres ? Qu’est-ce qu’une attribution « fait » à une œuvre ? Et comment l’œuvre elle-même s’offre ou résiste à ces interprétations ? 
 

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Appel à projets pour une commande artistique

Dispositif de médiation artistique accessible et sensoriel de l’Hérodiade

Dans un souci d’accessibilité universelle, le musée Fabre souhaite mettre en œuvre un dispositif de médiation artistique rendant accessible l’œuvre centrale de l’exposition : l’Hérodiade. Fort de son expérience exemplaire de l’exposition L’Art et la matière, galerie de sculptures à toucher, et de nombreuses initiatives en faveur des visiteurs à besoins spécifiques, le musée a développé une expertise forte et reconnue. Aujourd’hui, il souhaite développer et installer des outils d’accessibilité universelle dans son parcours de la collection permanente afin de permettre aux visiteurs de sentir et ressentir les œuvres de manière libre et autonome. Dans cette perspective, l’Hérodiade faisant partie de la collection, le dispositif d’abord développé pour l’exposition sera ensuite installé de manière permanente dans le parcours.

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