Les Mystères de l'Hérodiade. Enquête au musée Fabre

Maître de l'Hérodiade de Montpellier, Hérodiade portant la tête de saint Jean-Baptiste

Les Mystères de l'Hérodiade. Enquête au musée fabre.

Du 18 décembre 2026 au 18 avril 2027

Qui se cache derrière le "maître de l'Hérodiade de Montpellier" ? C'est la question que posera le musée Fabre à ses visiteurs à travers l'exposition Les mystères d’Hérodiade, enquête au musée Fabre, qui ouvrira en décembre 2026, en partenariat avec le musée des beaux-arts de Rennes. 

Entré discrètement dans les collections du musée Fabre en 1854 et longtemps ignoré, le tableau Hérodiade portant la tête de saint Jean-Baptiste constitue une énigme irritante. Mêlant diverses influences sensibles dans la Rome du début du XVIIe siècle, il fut attribué à de nombreux artistes avant d’être associé à l’entourage de Vouet. Au milieu du XXe siècle, une nouvelle hypothèse voit le jour : et s'il s'agissait d'une peinture de Claude Mellan, célèbre graveur des œuvres de Vouet, dont on ne connaît aucune peinture ? Mise à l’épreuve de plusieurs expositions, cette théorie fut progressivement abandonnée, et la peinture est aujourd’hui attribuée, faute de mieux, au « maître de l’Hérodiade de Montpellier ». L'anonymat de son auteur semblait condamner l'œuvre à une forme d’invisibilité, l'empêchant de trouver sa place dans l’histoire de l’art.  

Cet hiver, le musée Fabre souhaite rouvrir ce cold case de l’Hérodiade pour tenter de percer le mystère de son attribution. Située au sein du parcours des collections permanentes du musée, l’exposition réunit une vingtaine de peintures et de gravures datant des alentours de 1626-1627, tout en mobilisant des outils de recherches scientifiques pour revisiter l’entourage de Simon Vouet et cerner la main du maître de l’Hérodiade.
Cette exploration permettra de présenter au public le mécanisme d’une attribution : comment émerge une hypothèse d’attribution ? Comment la défendre, malgré la rareté des sources et des œuvres ? Qu’est-ce qu’une attribution « fait » à une œuvre ? Et comment l’œuvre elle-même s’offre ou résiste à ces interprétations ?  

À la manière d’une enquête, le parcours de l'exposition invite chacun à suivre la trace de L’Hérodiade, en la confrontant à des œuvres de format et de sujets comparables, par Claude Vignon, Aubin Vouet, Claude Mellan, Charles Mellin et Virginia Vezzi.

Un bouleversement artistique et l'avènement du "baroque parisien"
Il y a quatre siècles, le peintre Simon Vouet est de retour à Paris sur ordre du roi Louis XIII après quinze ans passés à Rome. De son séjour, Vouet ramène sa culture caravagesque, l’influence de la peinture des bolonais et un réseau d’artistes talentueux. Nommé premier peintre du Roi, il développe l’esthétique du « baroque parisien ». En mettant un terme définitif au maniérisme hérité de la Renaissance, il fait entrer la peinture française dans l’époque moderne. De ces mutations, le musée Fabre conserve une œuvre emblématique : une mystérieuse Hérodiade tenant la tête de saint Jean-Baptiste. 

Simon Vouet, céléblé à Rennes, Montpellier, Paris et San Francisco
Cette exposition est conçue en partenariat avec le musée des beaux-arts de Rennes, qui présentera en simultané l’exposition Simon Vouet, secrets d’atelier du 20 novembre 2026 au 21 mars 2027. Cette véritable « saison Vouet » trouvera son accomplissement en 2027-2028 avec une rétrospective Simon Vouet présentée successivement aux Fine Arts Museums de San Francisco puis au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

L’exposition Les mystères d’Hérodiade, enquête au musée Fabre participe à la Saison Vouet 2026-2028 soutenue par le réseau FRAME (FRench American Museum Exchange), qui promeut les partenariats scientifiques et les échanges de prêts transatlantiques. 
 

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Appel à projets pour une commande artistique

Dispositif de médiation artistique accessible et sensoriel de l’Hérodiade

Dans un souci d’accessibilité universelle, le musée Fabre souhaite mettre en œuvre un dispositif de médiation artistique rendant accessible l’œuvre centrale de l’exposition : l’Hérodiade. Fort de son expérience exemplaire de l’exposition L’Art et la matière, galerie de sculptures à toucher, et de nombreuses initiatives en faveur des visiteurs à besoins spécifiques, le musée a développé une expertise forte et reconnue. Aujourd’hui, il souhaite développer et installer des outils d’accessibilité universelle dans son parcours de la collection permanente afin de permettre aux visiteurs de sentir et ressentir les œuvres de manière libre et autonome. Dans cette perspective, l’Hérodiade faisant partie de la collection, le dispositif d’abord développé pour l’exposition sera ensuite installé de manière permanente dans le parcours.

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